dimanche 29 mai 2016
De l'autre côté du miroir
C'est par là, t'vois, en cliquant sur le lien, que tu sauras quoi donc le lapinou t'indique aimablement du doigt. Suis-le et zieute tant qu'il en est encore temps.
mercredi 13 janvier 2016
mardi 26 mai 2015
samedi 2 mai 2015
Le Cancre - Jacques Prévert
Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur
Jacques Prévert, Paroles, 1946
lundi 2 mars 2015
mercredi 10 décembre 2014
dimanche 2 février 2014
Crazy Poppins
Viens lire quoi donc il arrive à Mary Poppins, quand c'est qu'elle carbure plus à la coco, la pauvre, parce qu'elle a perdu son parapluie. Tu piges rien, avoue-le... C'est normal ! Clique ici pour ouvrir les chakras.
mardi 28 janvier 2014
Le pingouin et les champis
Bon d'accord, y a un mois je vous avais demandé de patienter quelques jours avant de découvrir la belle illustration finale, bon, mais t'inquiète, on y est presque! Et puis quoi, je fais comme je veux, na!
lundi 27 janvier 2014
dimanche 29 décembre 2013
La licorne et le pingouin
Manque de pot, tu vas devoir patienter quelques jours avant d'avoir des réponses!
mardi 10 décembre 2013
mercredi 13 novembre 2013
mercredi 2 octobre 2013
James Bond
Ouah l'autre! Qu'est-ce qu'il fait-il pas avec sa main droite, en sirotant un martini. Si toi aussi ça te fait des envies d'en savoir plus. Viens donc voir par ici où qu'on t'en raconte des vertes et des pas mûres.
dimanche 29 septembre 2013
lundi 16 septembre 2013
Et le parfum des roses
-La
ville c'est plein de solitude.
Le long de la façade en rondins, des papillons vastes comme la main butinent les cœurs saignants des roses trémières. Plus bas, les abeilles s'activent autour des agastaches en fanaison, et des asters de saison. Les fleurs tremblent à peine, effleurées par le vent des plaines. C'est l'été indien.
Japhy va chercher quelques bûches à fendre. Le bois débité est entassé sous des pommiers alourdis, et l'on entend vrombir les mouches, autour des fruits. À chacun de ses pas, des milliards de sauterelles s'égaillent dans l'herbe sèche. Il a laissé sa bière sur le billot, au soleil. Là où les insectes crissent.
Cet après-midi, la nature embaume l'amour. Un souffle de brise gonfle le linge suspendu entre deux pins rouges, puis s'élance en travers du ciel, bleu, blanc, en plein dans la lumière incendiaire ; et puis s'égare et puis s'élève jusqu'à la cime des sapins noirs. Frrr. Frrrr. La nature bruisse, bruisse. Un corbeau croasse.
-Viens.
-Reste ou pars.
Il a posé sa bière sur le billot.
Torse nu, brun comme un Indien, Japhy laisse couler la sueur dans son dos. Ça le chatouille le long des muscles et sur le front et sous les bras.
Quand vient Sara, il attrape une chemise imprégnée de rose et de vent, qui lui colle à la sueur, avec encore un peu de soleil emprisonné sous le tissu. Et il sert son amoureuse qui paraît minuscule entre ses bras, toute enlacée dans son amour d'homme.
-Viens.
-Reste ou pars.
Il a saisi la hache et installé une bûche sur le billot. Ses muscles roulent sous la peau. Ronds comme du pain de campagne. Le son d'une hache qui s'abat ; on dirait les battements d'un cœur las ; tchac, tchac, un rythme lent charriant d'inéluctables présages. Et malgré la sueur, et malgré le soleil écrasé sur son dos, Japhy s'active dans les effluves d'amour et de sciure. Et le parfum des roses.
Quand vient Sara, ils vont au bord de l'eau. Faut s'avancer dans les bois, parmi les frondes hérissées des fougères, et déjà l'on perçoit le froissement de l'eau, rompu par les trilles des oiseaux. Puis apparaissent les abords moussus d'une rivière. Enfin, en quelques enjambées, on atteint une minuscule plage de sable et de galets, cachée sous des sapins dégarnis.
Japhy allonge sa princesse sur le sable, avec des gestes d'orfèvre. Sara s'accroche à lui. Sara, Sara. Viens, reste ou pars. Les poissons happent leurs soupirs à la surface de la rivière. Le parfum sauvage de l'amour et des roses. Leur sueur mélangée. Odeurs fauves d'homme, de femelle et de ville. Haleine, bruyère, résine. Japhy aime. Sara, Sara.
Quand les amoureux ont fini ; ils n'ont plus rien à se dire.
Le bois sur le billot, les muscles sous la peau, qui roulent. Et la sueur, et le soleil, écrasé sur le dos.
Sara a fait claquer la portière. La voiture emprunte le petit chemin de terre, soulevant des bancs de poussière dans la fournaise et les senteurs de rose. les mouches vrombissent, les sauterelles s'égaillent dans l'herbe sèche, tandis que des nuages chargés d'orages se traînent à l'horizon.
Le long de la façade en rondins, les fleurs ont cessé de se balancer.
Le long de la façade en rondins, des papillons vastes comme la main butinent les cœurs saignants des roses trémières. Plus bas, les abeilles s'activent autour des agastaches en fanaison, et des asters de saison. Les fleurs tremblent à peine, effleurées par le vent des plaines. C'est l'été indien.
Japhy va chercher quelques bûches à fendre. Le bois débité est entassé sous des pommiers alourdis, et l'on entend vrombir les mouches, autour des fruits. À chacun de ses pas, des milliards de sauterelles s'égaillent dans l'herbe sèche. Il a laissé sa bière sur le billot, au soleil. Là où les insectes crissent.
Cet après-midi, la nature embaume l'amour. Un souffle de brise gonfle le linge suspendu entre deux pins rouges, puis s'élance en travers du ciel, bleu, blanc, en plein dans la lumière incendiaire ; et puis s'égare et puis s'élève jusqu'à la cime des sapins noirs. Frrr. Frrrr. La nature bruisse, bruisse. Un corbeau croasse.
-Viens.
-Reste ou pars.
Il a posé sa bière sur le billot.
Torse nu, brun comme un Indien, Japhy laisse couler la sueur dans son dos. Ça le chatouille le long des muscles et sur le front et sous les bras.
Quand vient Sara, il attrape une chemise imprégnée de rose et de vent, qui lui colle à la sueur, avec encore un peu de soleil emprisonné sous le tissu. Et il sert son amoureuse qui paraît minuscule entre ses bras, toute enlacée dans son amour d'homme.
-Viens.
-Reste ou pars.
Il a saisi la hache et installé une bûche sur le billot. Ses muscles roulent sous la peau. Ronds comme du pain de campagne. Le son d'une hache qui s'abat ; on dirait les battements d'un cœur las ; tchac, tchac, un rythme lent charriant d'inéluctables présages. Et malgré la sueur, et malgré le soleil écrasé sur son dos, Japhy s'active dans les effluves d'amour et de sciure. Et le parfum des roses.
Quand vient Sara, ils vont au bord de l'eau. Faut s'avancer dans les bois, parmi les frondes hérissées des fougères, et déjà l'on perçoit le froissement de l'eau, rompu par les trilles des oiseaux. Puis apparaissent les abords moussus d'une rivière. Enfin, en quelques enjambées, on atteint une minuscule plage de sable et de galets, cachée sous des sapins dégarnis.
Japhy allonge sa princesse sur le sable, avec des gestes d'orfèvre. Sara s'accroche à lui. Sara, Sara. Viens, reste ou pars. Les poissons happent leurs soupirs à la surface de la rivière. Le parfum sauvage de l'amour et des roses. Leur sueur mélangée. Odeurs fauves d'homme, de femelle et de ville. Haleine, bruyère, résine. Japhy aime. Sara, Sara.
Quand les amoureux ont fini ; ils n'ont plus rien à se dire.
Le bois sur le billot, les muscles sous la peau, qui roulent. Et la sueur, et le soleil, écrasé sur le dos.
Sara a fait claquer la portière. La voiture emprunte le petit chemin de terre, soulevant des bancs de poussière dans la fournaise et les senteurs de rose. les mouches vrombissent, les sauterelles s'égaillent dans l'herbe sèche, tandis que des nuages chargés d'orages se traînent à l'horizon.
Le long de la façade en rondins, les fleurs ont cessé de se balancer.
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