dimanche 29 mai 2016

De l'autre côté du miroir

C'est par là, t'vois, en cliquant sur le lien, que tu sauras quoi donc le lapinou t'indique aimablement du doigt. Suis-le et zieute tant qu'il en est encore temps.

samedi 2 mai 2015

Le Cancre - Jacques Prévert



Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur
Jacques Prévert, Paroles, 1946

mercredi 4 mars 2015

En périphérie du coeur



J't'avais adopté. Tu collais des éclats de toi partout dans moi quand t'allais mal. Et j'étais là. Je décollais tout, minutieusement, je prenais ce qui te venait en trop-plein, j'écopais tes inondations.

Pourquoi t'as disparu.

On se disait des trucs en périphérie du cœur. J'étais là, les doigts, les yeux, les mots, ça ressemblait à des effleurements, des presque toi et moi. Puis t'es partie comme t'es venue.

Le soir je laisse errer mon regard sur la rue. J'espère t'apercevoir, entre deux clopes, que tu te pointes l'air de rien, en me disant, bravache :

« J't'aime vraiment bien. On baise ? »

dimanche 1 mars 2015

La Fureur Cosmique

Aujourd'hui c'est le 32 décembre. Et c'est un jour blanc. 

Tu vois, on en survit. 

La cuite monumentale, la gueule de bois désenchantée 

c'est pas fatal. 

Tu me regardes. 

Blanc. 
C'est parce que le ciel est drapé d'une étoffe cireuse, 
ce matin. 
Il a revêtu ses plus beaux atours. 
Le filtre nuageux accentue l'intensité lumineuse. On cligne des yeux, éblouis, tandis qu'un peu de buée point inévitablement en bordure de regard. 

Abel se marre en évoquant le tour loufoque qu'on a joué à Sabine, hier soir. 
Je songe à Sabine. 
« La chiante dans les chiottes » scandait-on, au cœur 
de la fête. 
La chiante dans les chiottes bloquées de l'extérieur. 
Je me demande si elle s'y trouve encore, à cette heure-ci, assoupie dans les relents de pisse et de vomi. 
À jeun ça ne me fait plus rire. 
Abel, à son tour, cesse de glousser. 
« Après qu'on l'a enfermée, je me souviens plus trop de ce que j'ai fait » avoue-t-il. 
Je réfléchis. Tu me regardes.
 Les pensées comme des flocons de neiges, insaisissables.
« L'alcool est venu à manquer. Alors on a décidé 
de bouger » je lui rappelle. 

Au bout du regard, la lumière s'étiole. Elle se morcelle en une multitude de convois nuageux qui se mêlent aux brumes éthérées vaguant à l'horizon. 
Plus près de nous, des champs de blés ondoyeux 
bruissent amèrement. 
Quelques arbres épars noient leurs chevelures indécises dans les contreforts ouatés. 
Tout paraît flou. 

« Qu'avons-nous fait ensuite ? » demande-t-il. 
Ma réponse se perd dans le décor imprécis de ma mémoire. 
Je ne veux pas répondre. 
C'est simple, je ne peux pas. 
Et toi tu reste là, à m'observer, planquée au tréfonds 
de mon être. 
Tes yeux gigantesques. Comme des phares. 
Tu attends que je puise les réminiscences qui persistent 
en mon esprit, comme affleurent les âmes damnées 
en surface du ruisseau de l'oubli. 
Que je les ordonne, pour que me reviennent les souvenirs 
de notre rencontre. 

J'ai tapissé mon début de soirée de bière. Puis, par strates successives, se sont accumulées toutes sortes de boissons épatantes. 
De la sangria ; un peu de fée verte ; du vin de Bourgogne ; du rhum charrette. 
J'ai coloré ma soirée d'un tas de couleurs insensées. 
Puis on a bouclé Sabine dans les toilettes, avant de nous décider à bouger. 
A-t-elle sangloté tandis qu'on l'oubliait ? 

« Qu'avons-nous fait ensuite ? » demande Abel. 


C'est vrai, qu'avons-nous fait ? 
Tu me regardes, et j'entends le Corbeau susurrer : 
« Jamais plus ». 

Une brise venue de loin nettoie le paysage et silhouette l'horizon. Le brouillard se lève. La rosée perle sur les feuilles courbes des graminées. 

Je conduisais. 

Abel me parlait d'une autre fête terrible, qui nous tendait 
les bras ; du Réveillon épique qu'on y vivrait ; des filles qu'on se ferait. 
Nous ne savions pas, alors, que nous partions à ta rencontre.

Je pense à toi, maintenant.

Avant de planter mes phares dans tes phares 
j'ai vu tes yeux. 
Bleus. 
Ça n'est pas logique. Ça ne se peut pas. 
Dans la nuit, dans la lumière éblouissante des mirettes mécaniques, on ne peut pas se voir. 
Pourtant j'ai vu tes yeux. 
Et tu me fixais, sans comprendre. 
Nos regards se sont percutés dans l'espace. 
Dans le grand cri de tôle froissée. 
Dans la fureur cosmique. 
Le vol muet. 

Et tu me regardais.

jeudi 11 décembre 2014

Bad Santa


"Dis-donc, ça fait belle lurette que notre bon Yannick n'a pas croisé le Docteur Cinéma" que vous vous dites... 
Et paf, tout faux ! Y a deux jours, le Doc se pointe, -bonjour monsieur madame vouzallé bien ouizé vous- et me jacte qu'il a voulu se mettre aux mathématiques, du genre calculs rénaux, et que sa carrière scientifique, aussi brève que brillante, n'a pas fait long feu. Le mec accuse le coup.
"La vie ne fait pas de cadeau" qu'il bougonne dans la barbe qu'il n'a pas. 
Là, j'arrête mon bonhomme tout net, tchac ! et lui balance dans le pif : 
 "Minute papillon, et le père Noël?" 
Et voilà-t-il pas qu'il me répond ceci ça où que tu peux cliquer pour le découvrir...

mercredi 10 décembre 2014

La sombre

Des fois elle s'imagine qu'elle est l'ombre du vent. Qu'elle glisse dans sa caresse, en-dessous des silences soufflés de vous à nous. Et qu'on ne la voit pas.

Elle s'échappe. Elle erre dans les espaces, en périphérie de nos phrases, entre les mots qu'elle adoucit. Elle vacille. Comme la flamme ambrée d'une bougie qu'enlacent des tourments.

Elle dit qu'elle est la sombre, la somme de toutes les ombres, qu'elle est cachée dans les plis d'une brise qui fuit.

Et puis la nuit, quand elle se pose, qu'enfin elle ose, la nuit, elle s'épanouit.

Nus 2014

Bad Santa


Il est de retour et il est pas content... Attends un peu, t'en sauras plus bientôt !